Avant-propos :

L’application et le respect des droits sexuels sont des droits humains fondamentaux. Chaque personne a droit à l’autonomie et à l’autodétermination, ainsi qu’être affranchie dans l’expression de son identité de genre et de son orientation sexuelle. Chaque personne est en droit de viser une vie émotionnelle et sexuelle épanouie, sans contrainte, ni violence, et d’être libre d’explorer en sécurité les différentes facettes de sa sexualité. 

La surdité ne doit être en rien un obstacle à l’application de ses droits sexuels, ainsi qu’à l’accès à la prévention et à la promotion de la santé sexuelle.

Qui sommes-nous?

Dans ton Slip ! est une association suisse à but idéal non lucratif créée en avril 2017, et dont le siège est à Lausanne. Elle s’adresse d’une part aux hommes et aux femmes sexuellement actifs/-ves et majeur•e•s (dès 16 ans) quelque soit leur sexe, leur identité de genre ou leur orientation sexuelle. Elle s’inscrit dans le cadre et le respect des droits sexuels de IPPF (International Planned Parenthood Federation), et travaille en conformité avec les standards d’éducation sexuelle de l’OMS Europe. Dans ton Slip ! développe et anime, pour cette population et sous le même nom, une chaîne audiovisuelle Internet (YouTube) traitant de manière ludique, ouverte, sans vulgarité et basé sur de l’évidence des sujets en lien à la sexualité, à la santé sexuelle, à la prévention, et à la sexologie clinique et corporelle.

Dans ton Slip ! anime, d’autre part et sur mandat, des ateliers en éducation sexuelle en conformité aux standards d’éducation sexuelle de l’OMS Europe (classes d’âge 6-15 ans) destinés aux enfants, aux adolescent.e.s ou aux jeunes adultes avec ou sans surdité. 

Dans ton Slip ! soutient les valeurs d’inclusion et s’assure de rendre ses messages de prévention et de promotion à la santé sexuelle accessibles à toutes et à tous. L’association porte à ce titre une attention particulière aux personnes sourdes en adaptant le contenu de ces vidéos en LSF, ainsi qu’aux hommes.

Le dépliant de l’association peut être téléchargé ici !

Pourquoi les personnes sourdes ?

La langue des signes est une langue en soi ancrée dans une culture spécifique aux personnes sourdes. Pour les personnes sourdes, l’apprentissage du français et de sa forme écrite reviendrait, par analogie pour les locuteurs francophones, à apprendre le chinois sans jamais l’entendre. Les personnes sourdes ne peuvent donc pas (ou difficilement) s’appuyer sur la phonétique d’une langue afin de déchiffrer sa forme écrite. C’est pourquoi, les personnes sourdes rencontrent des difficultés dans l’apprentissage de la lecture. Ces difficultés, relevées par Steven Derendinger dans son travail de diplôme DAS en santé sexuelle, rendent leur accès à l’information, à la prévention et à la promotion de la santé sexuelle à très haut seuil .

En outre, intéressée par le travail de l’association, l’émission SIGNES de la RTS publie le 16 mars 2019 un reportage sur la sexualité des sourds. Ce reportage démontre l’importance d’un accès à l’éducation sexuelle en LSF. Par la suite, l’émission SIGNES du 14 septembre 2019 – Enfance v(i)olée – relève des cas de violences sexuelles au sein de la communauté sourde. Ce reportage renforce l’importance d’un accès en LSF à l’éducation sexuelle, ainsi qu’aux messages de prévention. Ces émissions peuvent être vues sur notre page médias.

Pourquoi les hommes ?

Contrairement aux femmes qui peuvent à minima s’adresser à un•e gynécologue ou à un centre de santé sexuelle – planning familial, il existe peu de structures qui s’adressent spécifiquement aux hommes. Ces derniers doivent s’adresser, à défaut d’un spécialiste, à leur médecin généraliste, psychologue, psychiatre, urologue ou proctologue. N’abordant pas ou peu les questions de sexualité avec leurs médecins, une tranche de cette population se retrouve en difficulté dans la recherche de ressources capables de répondre à leurs préoccupations. Selon l’enquête « Le sexe en Suisse » réalisée dans le cadre de la campagne Love Life par l’institut Sotomo, seul 10% des hommes parlent de leurs comportements sexuels avec leur médecin. Une récente étude du CHUV (2018, Lausanne) indique que 17% des jeunes hommes entre 24-26 ans font face à des dysfonctions sexuelles telles que des difficultés à maintenir une érection satisfaisante ou des éjaculations précoces. Malgré l’ouverture récente des planning familiaux aux hommes, certains s’abstiennent par pudeur ou inconfort à faire appel à leurs services identifiant ces derniers comme un environnement majoritairement féminin .

Les objectifs Dans ton Slip !

Dans ton Slip ! a pour objectif principal le développement d’une meilleure autonomie – empowerment – chez les femmes et chez les hommes dans la gestion de leur sexualité et de leur santé sexuelle.

Dans ton Slip ! répond à un besoin de diffusion à large échelle d’informations en matière de sexualité, de santé sexuelle et de bien-être sexuel. Dans ton Slip ! vise aussi à offrir ses prestations et conseils aux personnes sourdes.

[1] Le sexe en Suisse : une étude de l’institut de sondage Sotomo réalisée dans le cadre de la campagne Love Life, 2016.

[2] Margaux Délez, « Les hommes sur le seuil des centres de santé sexuelle », REISO, Revue d’information sociale, mis en ligne le 2 octobre 2017, https://www.reiso.org/document/2191

[3] Barrense-Dias, Y, Akré, C, Berchtold, A, Leeners, B, Morselli, D, Surís, J-C. Sexual health and behavior of young people in Switzerland. Raison de santé 291. Lausanne: Institut universitaire de médecine sociale et préventive, 2018

[4] http://www.sgb-fss.ch/fr/

Steven Derendinger

Fondateur Dans ton Slip ! Spécialiste en santé sexuelle et sexologie. Intervenant en éducation sexuelle.

Fondateur du projet « Dans ton Slip ! », Steven Derendinger est intervenant en santé sexuelle par l’éducation et le conseil. Sa formation l’autorise à porter le titre de «Spécialiste en santé sexuelle» selon les critères exigés par Santé Sexuelle Suisse. Il est notamment spécialisé en santé sexuelle communautaire (hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes (HSH), personnes transgenres, travailleuses et travailleurs du sexe, migration et facteurs de vulnérabilité), ainsi qu’en conseils et dépistages volontaires (VCT). Mandaté par l’Etat de Vaud, Steven Derendinger a développé le centre de santé sexuelle vaudois – Checkpoint Vaud – destiné aux HSH qui est aujourd’hui piloté par la Fondation PROFA. Steven Derendinger a contribué à la mise en œuvre du Programme national VIH/sida 2004 – 2008, ainsi qu’au développement du Programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles (IST) 2011-2017 de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Dans ce cadre, il a élaboré la stratégie suisse de prévention VIH/IST auprès des HSH 2012, ainsi que son édition 2018, dont la mise en œuvre est aujourd’hui assurée par l’Aide suisse contre le sida. Il a enfin développé le concept-cadre «Migration et facteurs de vulnérabilité» de l’OFSP dont la mise en œuvre résulte d’un travail collectif d’associations régionales et nationales actives dans la prévention VIH/IST auprès des travailleuses et travailleurs du sexe et des personnes en situation de migration particulièrement vulnérables. Aujourd’hui, Steven Derendinger a ouvert son cabinet de sexologie clinique et corporelle dans l’espace BoulevardSanté à Lausanne. Il intervient également dans des institutions, écoles professionnelles, écoles primaires et secondaires comme animateur en éducation sexuelle.

Natasha Lambelet Métraux
Spécialiste en santé sexuelle. Intervenante en éducation sexuelle.

Natasha Lambelet Métraux est sage-femme et a travaillé pendant plusieurs années dans un hôpital périphérique, prenant soins des femmes, des couples et de leurs nouveaux-nés. Elle a ensuite obtenu un DAS en santé sexuelle. Ce titre lui a permis d’oeuvrer durant une année et demi pour PROFA dans un service de consultation de santé sexuelle. Les situations traitées étaient variées, les domaines concernés également. Natasha Lambelet Métraux a accompagné des jeunes de tous horizons, des femmes, des hommes concernés par la contraception, les dépistages d’infections sexuelles, les interruptions de grossesse, les questions d’identité de genre, d’orientation sexuelle ou encore les situations d’abus sexuels. Elle travaille actuellement dans la réduction des risques auprès des hommes qui ont du sexe avec les hommes (HSH). D’une part au CHUV dans une étude clinique et d’autres parts au sein du Checkpoint Vaud, notamment en proposant des dépistages lors de soirées gays ou sur les lieux de rencontres LGBT. Une partie de son temps est également voué à sa famille composée de son conjoint et leur deux filles. Natasha intervient également dans des institutions, écoles professionnelles, écoles primaires et secondaires comme animatrice en éducation sexuelle.